Première rando de quelques jours en Belgique

Publié le par Ange


Dimanche 31 mai: Taviers-Ayeneux (90km)


J’ai passé la soirée de la veille a préparer mes sacoches et terminé le matin même. Ce n’est donc que vers 10h45 que je m’élance, après avoir fait quelques photos du chargement au départ. Le vélo est chargé de deux sacoches, d’un sac à dos de 25 litres et, hors des sacoches, d’une tente, un sac de couchage et un matelas auto-gonflant (à partir du lendemain j’arriverai à faire rentrer le sac de couchage et le matelas dans les sacoches).



Je démarre donc de chez moi, en ayant introduit dans le GPS Clermont comme destination. Le début de la journée se déroule sur des routes de campagnes relativement plates, sous un ciel nuageux. C’est avec amusement que je vois le soleil apparaitre en entrant dans la rue du Soleil à Wasseiges…et disparaitre au moment même où je quitte cette rue.


Vers midi le GPS m’envoie sur un sentier qui mène dans un endroit parfait pour pic-niquer: un endroit très calme au bord de la rivière. Je m’y arrête donc pour casser la croute.




Dans le courant de l’après-midi je croise le ravel qui va vers Huy, ce n’est pas sur ma route (du moins sur celle initialement prévue) mais je suis seule, libre, sans impératifs et j’aime rouler sur ces voies, je décide donc de le suivre, ce que je ferai jusqu’à ce qu’il soit bloqué.


L’heure tournant doucement je décide de mettre le cap sur Ayeneux, où je prévois de camper. Je reçois alors un coup de fil de Vindwa, un membre d’un forum consacré au vélo couché et c’est avec plaisir que j’accepte sa proposition de me guider de Liège à Fléron en empruntant le ravel. Je ferai un agréable bout de chemin en sa compagnie.

De Fléron à Ayeneux la route n’est plus très longue mais pas plate…c’est là que j’établirai mon record actuel de vitesse en filant comme une flèche à 61,9km/h, quel régal!



C’est vers 20h15 que j’arrive au camping (situé dans le domaine provincial de Wégimont) et que je m’y installe. Après une bonne douche, il est temps de prendre un bon repas… un cube de bouillon, de la polenta instantanée et le tour est joué.


Dans la soirée je perds mon GSM. Est-il tombé de ma poche? L’ai-je laissé tomber dans l’herbe? Je fais le tour des sanitaires, retourne mes sacoches, examine le sol, fouille le sac, demande à des voisins de composer mon numéro… rien n’y fait, le GSM est introuvable. Je finis par renoncer et aller dormir. Je dormirai mal cette nuit là, la perte de mon GSM (et la crainte d’utilisation de mon abonnement par d’autres) ne laissant pas mon esprit tranquille.

 

 

Lundi 1 juin: Ayeneux-Barvaux sur Ourthe (62km)

 

Au réveil je reprends les fouille… mais toujours sans succès. Je me rends à l’accueil, voir si on ne leur a rien ramené… la réponse est négative. Je vais au téléphone public téléphoner à mes parents qui se chargent de faire bloquer le numéro et je laisse mes coordonnées à l’accueil pour le cas où le GSM leur reviendrait (et il est revenu J … mais après que j’en aie racheté un).

Je pars vers 10h en direction d’Hotton. La région s’avère magnifique…. Mais vraiment pas plate.


Je passe par les villages d’Olne et Deigné.


Je déraille une première fois…. Et découvre qu’ici aussi on peut compter sur les gens, une dame s’arrêtant pour voir si elle peut m’aider…(et oui, elle a pu m’aider… à ouvrir mon sac pour en sortir du papier WC pour m’essuyer les main, ce que je n’avais pensé à faire avant d’avoir les mains pleines de graisse).

Je découvre à quel point la Belgique n’est pas plate partout et me vois même forcée de pousser le vélo dans une côte terrible. Sous la chaleur et fatiguée j’avance avec une lenteur d’escargot. Je fais quelques mètres et puis je m’arrête en tenant bien les freins… avant de recommencer inlassablement l’opération jusqu’en haut… (en maudissant Brel).

Je m’arrête finalement, vers 19h15, dans un camping à Barvaux où j’ai le plaisir de planter ma tente au bord de l’Ourthe.


 

(pour plus de photos, allez voir dans l'album)

 

Mardi 2 juin: Barvaux-Hotton (30km dont 15 sans bagages)

 

Au matin ce sont les oiseaux qui me réveillent dans une cacophonie de sifflements. Bien plus agréable que les cris du gamin d’à côté qui m’avait réveillée la veille.

Je dois aller chercher un GSM afin d’être contactable car Stéphane, un autre voyageur, doit me rejoindre pour pédaler 3 jours avec moi. On m’annonce qu’il n’y a pas de boutique proximus (il me faut aussi une nouvelle carte sim avec mon ancien numéro) avant d’arriver à Marche. Bien que j’aurais apprécié une journée de repos, je me mets donc en route.

Arrivée à Hotton je trouve une boutique pour acheter un GSM. Le cadre me plait et je décide donc de ne pas poursuivre plus loin.


 Il n’est que midi, j’ai donc tout le temps devant moi et je fais le tour des campings d’Hotton. Le premier ne m’attire guère, les emplacements pour tente sont sans ombre et sans cachet… et surtout les sanitaires sont dans un état déplorable. Je fais le tour de ceux que je trouve, un est à l’abandon et deux autres n’ont pas d’emplacements de passage. Je reviens donc vers le premier et demande à quelle heure les sanitaires sont nettoyés, le type me dit que normalement c’est déjà fait mais me demande si ça n’en a pas l’air... Ce à quoi je réponds qu’en tout cas une heure plus tôt ce n’était pas propre. Il me dit qu’il va aller voir et appeler la dame qui nettoie si nécessaire… 1h plus tard elle arrive.

Je prends mon temps et puis repars faire un tour dans l’après-midi, non chargée cette fois... Que le vélo et léger! Je grimpe jusqu’aux grottes et ne peux malheureusement en faire la visite car il n’y a pas d’autres candidats. Je me console avec une petites balades à pied près de la grotte, menant à un point de vue sur Hotton.



Je me rends ensuite au village de Ny, situé non loin d’Hotton et classé parmis les plus beaux villages de Wallonie. J’en fais le tour, découvrant plusieurs fontaines avant de rentrer au camping attendre Stéphane qui arrivera vers 20h45. Je m’installe tranquillement avec le réchaud (pour faire un bon risotto), la carte pour réfléchir à la journée du lendemain, mon livre et mon lecteur MP3...


Que demander de plus? Je me sens libre, j’aime aller à ma guise, avancer à la force de mes jambes, être sur ce vélo qui me plait tant, pouvoir changer mon parcours au gré de mes envies, être dans la nature, vivre sans tout le temps regarder l’heure, manger quand j’ai faim et pas quand c’est l’heure, pouvoir m’arrêter pour discuter avec les gens que je croise, m’installer calmement avec mon livre, un peu de musique le soir, dormir sous la tente… et l’énumération pourrait encore être longue.

 

 

Mercredi 3 juin: Hotton-Hulsoniaux (60km)

 

J’ai repéré un camping avec piscine à Houyet, je souhaite donc partir tôt ce matin afin d’y être en début d’après-midi. Nous nous réveillons donc à 8h et partont à 9h30 en direction d’Houyet, empruntant d’abord la nationale jusqu’à Marche puis suivant le gps jusqu’au joli village de Jemelle (qui possède un sympathique pont sur la Lomme) où nous allons chercher le ravel.


En suivant le gps pour nous rendre à Jemelle, nous nous retrouvons sur des routes d’un chantier qui sont libres d’accès… et avons une belle surprise, au moment où je repère les jets d’eau tournant arrosant la route (les mêmes que ceux qui fonctionnent dans les prairies dans les endroits trop secs) et commence un « c’est quoi ça? », j’entends derrière moi Stéphane crier qu’il s’en est pris un en pleine figure. Il y en a alternativement à gauche et à droite, slalomer et temporiser pour les éviter m’amuse et j’arrive de l’autre côté sans avoir pris une goutte d’eau.

Pour monter sur le ravel à Jemelle, une côte bien raide nous attend, en effet, nous devons aller le chercher sur un haut pont en venant de la route qui passe en dessous de celui-ci. C’est dur mais on est fièr d’être en haut sans avoir posé le pied à terre. (Surtout moi qui en côte ou sur terrain difficile dans les bois suis heureuse de voir que j’m’en sors pas mal du tout sur mon vélo couché, là où avec le VTT ce n’est pas non plus évident pour mon compagnon de route).



Une fois sur le pont c’est une vingtaine de km de plat, le long d'une rivière, qui se déroulent au rythme de nos coups de pédales.


Arrivés à Houyet avant 14h je suis un peu désappointée d’apprendre que la piscine du camping n’est ouverte qu’en juillet et août. Après de longues hésitations et un passage au syndicat d’initiatives, nous décidons de manger et d’ensuite poursuivre jusqu’à Ansereme.

A 16h nous nous remettons donc en route, décidant de faire confiance au gps qui nous emmène sur un chemin de terre dans les bois.


Nous roulons dans un cadre superbe, longeant la Lesse. Nous la quittons ensuite pour remonter un de ses affluants. Arrivés à un pont, le gps indique qu’il faut le traverser. Cela semble logique si l’on veut rejoindre la Lesse qui continue jusqu‘à Ansereme, notre destination.


Nous l’empruntons à pied, en soulevant les vélo, ce n’est clairement pas possible autrement (mais encore une fois ça m’amuse plutôt). Arrivés de l’autre côté, 2 chemins se présentent à nous, l’un, barré par un arbre tombé, longe l’afluant dans le sens du courant, retournant vers la Lesse et l’autre grimpe sérieusement, nous ne nous sentons pas d’attaque pour y pousser les vélos et choisissons donc le chemin le plus « logique », celui qui retourne vers la Lesse.


Nous faisons passer les vélos par-dessus le tronc d’arbre et nous remettons en route… pour nous retrouver coincés devant une échelle quelques centaines de mètres plus loin.


Même pas la peine d’y penser, c’est impossible de hisser les vélos, ce chemin est fait pour les piétons uniquement. Nous faisons donc demi-tour et tentons quand même la montée. Stéphane peine déjà à pousser son VTT moins chargé que mon vélo... Et je suis, à la traine avec encore bien plus de difficulté. Il comptait venir m’aider une fois son vélo en haut… mais nous croisons des cavaliers nous annonçant qu’il y en a encore pour plusieurs centaines de mètres comme cela. Nous rebroussons à nouveau chemin, franchissons le pont en sens inverse (plus d’1h après l’avoir franchit pour la première fois) et reprenons le chemin le long de l’affluant, qui se met aussi à grimper mais sans nous obliger à mettre pied à terre.

Lorsque nous rejoignons la route c’est pour nous rendre compte qu’en plus de 2h nous avons parcouru ce que nous aurions pu faire en 1 ou 2 km sur celle-ci... Mais nous n’aurions pas parcouru le bois le long de la rivière, ce qui bien que pas toujours évident était dans un cadre superbe et nous permet de ramener de chouettes souvenirs.

La route continue de s’élever encore et encore… c’est dur, on en a marre de monter…

Arrivés près du château de Vêves le gps nous annonce qu’il faut encore continuer tout droit. Devant la côte que nous voyons devant nous et voyant l’heure avancer, nous choisissons de changer de cap et de descendre sur Hulsoniaux pour y camper. Vers 18h nous sommes « en bas » au camping en bord de Lesse. Epuisée je m’endors peu après 21h.



 

Jeudi 4 juin: Hulsoniaux-Taviers (67km)

 

Je me réveille vers 9h avec un système digestif en guère et une tache qui m’inquiète au coin de l’œil. Cela fait quelques jours déjà que j’ai mal par moment au coin de l’œil et la peau change d’aspect à cet endroit. Je décide donc d’être rentrée vendredi pour aller chez le médecin, à cet endroit je préfère ne pas attendre, c’est pas bon si c’est de l’infection et pas envie d’y avoir de cicatrice non plus. (Après passage chez le médecin il s’avère que c’est juste de l’eczéma)

Je ne peux quasi rien avaler au matin (juste une barre de céréale et une demi tartine) mais on se remet en route en direction de Dinant, premier objectif de la journée. Pour la suite on avisera quand on y sera. On commence par grimper, remontant jusqu’au château de Vêves et encore plus haut.


Arrivés pratiquement au poind le plus haut de la journée nous croisons notre premier autre « cycliste à sacoches » de la journée, le premier d’une longue série. En effet, à partir de Dinant, de retour en terrain plat nous en croiserons des tas.

La descente jusqu’à Dinant est un vrai régal. Quelques kilomètres de descente à plus de 50 à l’heure. Je démarre derrière Stéphane qui pédale, et sans pédaler je le dépasse comme une fusée. Il peut me laisser sur place en montée, mais en descente, le vélo couché est nettement plus rapide. Et quel plaisir de négocier les larges tournant et de sentir la vitesse tout en voyant défiler le paysage (la tête étant naturellement droite et non orientée vers le sol sur ce type de vélo).



Arrivés à Dinant nous allons acheter les célèbres couques de Dinant que l’on ne vend à peu près que là (et dans des magasins pour touristes à Bruxelles), ces couques que j’adore depuis l’enfance mais que j’ai eu si rarement l’occasion de manger;

Mon système digestif semblant enfin plus conciliant, nous allons manger des boulettes sauces tomates avec des frites dans un snack. C’est si bon après s’être bien dépensés. Nous allons ensuite digérer sur un muret en bord de Meuse, d’où l’on voit bien la citadelle, petite pause des plus agréable!



Ce n’est que vers 16h que nous décidons de nous remettre en route, en direction de Godinne où nous souhaitons camper. Nous suivons le ravel jusque là. Il est pavé sur une bonne partie du chemin. Arrivés à Godinne nous nous mettons d’abord en quête d’un magasin pour acheter notre souper puis redescendons vers le camping. Ayant bien trainé du côté du magasin il est déjà 18h30 quand nous y arrivons. Le camping que nous avions repéré est fermé depuis cette année, un autre existe mais il semble n’être que résidentiel et personne n’est présent à l’accueil.

Nous décidons alors finalement de rentrer dès ce soir, j’avais encore envie de rouler et n’étais pas trop motivée pour encore planter la tente sachant que je devrais être rentrée pour 14h au plus tard le lendemain pour me rendre cher le médecin.

Nous reprenons donc le ravel jusqu’à Namur. Celui-ci est envahi par des oies, dont certaines, avec des petits, sont fort sur la défensive, une est même agressive mais nous passons sans nous faire bequeter.

Cette portion de ravel est encore très agréable, longeant la Meuse, j’aurai vraiment découvert de chouettes paysages durant ces 5 jour dans mon pays que je connais encore si peu. Il me reste un an avant le départ pour le parcourir.

Je m’amuse aussi sur ce tronçon à faire la course avec une péniche.. Et à gagner! Je ne savais pas qu’elles allaient si lentement, j’ai démarré derrière la péniche et l’ai entièrement remontée.



Stéphane reprend le train à Namur et je poursuis seule. Je remonte par le fond d’Arquet, gardant en mémoire mon passage par là il y a quelques semaines je pense souffrir pour remonter… mais finalement une fois sur la route ça ne me semble pas si terrible que ça, et ce que j’ai parcouru à l’époque dans ma plus petite vitesse je le fais à des vitesses un peu supérieures, tournant mieux les jambes, me fatiguant beaucoup moins… je sens les progrès faits depuis lors J

A Cognelée je récupère le ravel et à partir de là ne passe plus en dessous des 20km/h, oscillant entre 20 et 30, pour arriver chez moi peu après 22h.

 

 

Vendredi 5 juin

 

Un peu de récupération me fait le plus grand bien…mais parcourir les routes à vélo me manque déjà, l’envie de repartir est plus que présente! Ce « test » est donc plus que concluant, je pense vraiment avoir trouvé ce qui me convient comme mode de voyage pour découvrir le monde.

Publié dans Escapades en Belgique

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Commenter cet article

Michael 17/08/2009 17:32

Alors comme ça tu t'es arrêtée à Godinne et tu n'es même pas venue me dire bonjour : -) C'est claire que c'est peut-être pas le plus beau village de Wallonie, mais bon...

gidebo 07/06/2009 11:43

même pas une chute à se mettre sous la dent, c'est pas drole ca :D
la Belgique a l'air bien chouette comme lieu de pédalage
un bon récit qui donne envie de repartir :)

Annie 06/06/2009 08:59

Quelle magnifique rando !! Bien écrite, avec de superbes photos... Ravie que tu la partages si bien avec nous :-)) Bises XL !